Diana Bishop est la dernière d’une longue lignée de sorcières, mais elle a renoncé dpuis longtemps à son héritage familial pour privilégier ses recherches universitaires, une vie simple et ordinaire. Jusqu’au jour où elle emprunte un manuscrit alchimique : l’Ashmole 782. Elle ignore alors qu’elle vient de réveiller un ancien et terrible secret, et que tous – démons, sorcières et vampires – le convoitent ardemment. Parmi eux, Matthew Clairmont, un vampire aussi redoutable qu’énigmatique. Un tueur, lui a-t-on dit. Diana se retrouve très vite au coeur de la toumente, entre un manuscrit maudit et un amour impossible.
J’éprouvais le même besoin irrésistible de toucher ces lettres que devant l’Ashmole 782. La première fois, j’avais été trop effrayée par la présence des employés de la bibliothèque et ma propre magie pour prendre ce risque. A présent, c’était la peur d’apprendre quelque chose d’inattendu sur Matthew qui me retenait. Mais il n’y avait personne dans la pièce et mes craintes n’étaient rien à côté de mon désir de comprendre le passé du vampire. J’effleurai du bout des doigts le prénom. Son image m’apparut, claire et distincte, sans que j’aie besoin de prononcer le moindre mot ou de regarder une surface réfléchissante.
Il était assis à une table près d’une fenêtre, comme ces derniers jours, se mordant la lèvre, absorbé dans des exercices d’écritures. Ses longs doigts tenaient un calame et il était entouré de rouleaux de vélin qui portaient tous ses essais maculés de taches pour écrire son prénom ou copier des passages des Ecritures. Je suivis le conseil de Marthe et n’opposai aucune résistance à me visions ; l’expérience fut moins déroutante que la veille.
Extrait tiré de la page 292
It begins with absence and desire.
It begins with blood and fear.
It begins with discovery of witches.
Il y a parfois des livres qu’on achète pour leurs couvertures et/ou pour leurs titres sans même lire le résumé, c’est un peu ce qui m’est arrivé avec « Le livre perdu des Sortilèges ». Lorsque je l’ai vu à Gibert en neuf pour une misère, je n’ai pas hésité une seconde. Je n’avais jamais lu le résumé mais la couverture et le titre m’ont toujours attiré.
Je me suis plongé dedans très rapidement, découvrant l’histoire et le fait qu’il ne mettait pas en scène que Diana, une historienne spécialisé dans l’alchimie et sorcière (je vous l’ai dit je n’ai jamais lu le résumé). Y découvrir des vampires et des démons a donc été pour moi une très bonne surprise, surtout que celui-ci n’est pas du tout construit comme toutes ces histoires de bit-lit qu’on peut trouver actuellement. Il y a certes une histoire qui va bien au-delà de la simple amitié entre Diana et Matthew mais celle-ci semble tellement normale dans le déroulement des choses qu’on a à aucun moment l’impression que l’auteure a créée cette romance pour que le livre plaise aux amateurs de bit-lit.
Nous pénétrons donc dans l’univers de Diana Bishop, une jeune femme sorcière de par sa descendance mais qui tente de passer à tout prix pour une humaine, suite à un évènement traumatisant de son passé. Jusqu’au jour où un mystérieux manuscrit, « L’Ashmole 782 » atterris dans ses mains. Si l’on s’en arrête à ça l’histoire pourrait paraitre banale, mais il n’en est rien. Outre ce fameux manuscrit qui suscite tous les intérêts au sein des créatures surnaturelles, Deborah Harkness nous emmènent à la découverte d’une histoire qui se situe quelque part entre l’époque de Clovis et aujourd’hui, celle de Matthew Clairmont, celle des mystères que cache cet « Ashmole 782» aussi. Et Diana dans tout ça me direz-vous ? Diana est le fil conducteur de l’histoire, elle est celle sans qui rien de tout ça ne serai possible, sans qui rien ne serai arrivé. Elle est une des dernières descendantes de deux familles de puissant sorcier, elle est la sorcière ultime sans le savoir. Mais Diana refuse la magie alors c’est elle qui s’imposera à elle sans moyen de faire demi-tour.
L’auteure a aussi eue la bonne idée de faire un roman très bien documenté sur l’alchimie, l’histoire et l’ésotérisme. J’avoue que plonger dans une histoire qui recelait des parts de réel m’a énormément plu. Je ne connais rien de l’alchimie, je n’en connais toujours pas grand-chose mais certains livres dont il est question au fil des pages ont attisé ma curiosité.
Pour finir je dirai qu’après avoir lu plusieurs chroniques j’ai pu remarquer que beaucoup critiquaient le rythme lent de ce livre. Si vous aimez les livres où il y a de l’action du début à la fin c’est sûr que celui-ci n’est pas fait pour vous. Par contre si vous appréciez de vous laisser porter doucement dans un autre univers alors n’hésitez pas une seconde.
« Le livre perdu des sortilèges » c’est en conclusion un savant mélange de ce que j’apprécie : une histoire de sorcière crédible, pas de celles qui volent sur un balai, mais de celles qui se font discrètes dans un moment où la magie est encore mal considérée. Un vampire, pas de ceux qui boit le sang des jeunes vierges, ni qui traumatise les enfants et une ouverture à un autre monde (ici l’Alchimie).
La fin est frustrante au possible et on a qu’une envie acheter le second tome. Sauf que forcément celui-ci n’est pas encore sorti.
Pour info, « Le Livre perdu des Sortilèges » est le premier tome de la trilogie « All Souls » (pas de traduction française), le second tome « Shadow of Night » est prévu aux USA pour l’été 2012.