J’ai commencé par tout sortir du meuble, par remplir ces grands sacs poubelle noir que mon copain me rammène. J’ai pris plaisir à déchirer tout ces papiers accumulés depuis des années. Puis j’ai cherché ce que je pourrai vider d’autre, alors j’ai pris tout mes papiers administratifs et j’ai viré les enveloppes, pubs et autres que je gardais parce que j’avais la flemme de trier et que je balançais ça dans le tiroir attendant un jour prochain d’avoir le courage de classer.
Et j’ai encore cherché, sauf que ce qui ne m’allait plus c’était ma tête. Alors j’ai pris une paire de ciseau et j’ai coupé. Retrouver cette sensation si jouissive, celle d’être libre, de contrôler et d’être soi. J’avais les cheveux à mi-fesse, j’ai coupé entre 15 et 30 cms. J’ai une coupe asymétrique et dégradé, mais c’est que j’aime. Des cheveux coupés droits je ne pourrai jamais car ça ne corresponds pas à ma personnalité et à mon caractère.
Je recouperai surement…un jour j’aurai une coupe courte.
Alors j’ai cherché à retrouver cette même sensation et je me suis attaqué à mes mails, puis à mon ordinateur, puis je me suis désinscrite de plusieurs sites, j’ai fait le vide sur d’autres. J’ai fait le vide sur 10 ans de présence online, 10 ans que finalement j’ai en grosse partie envie d’oublier parce qu’il ne sont pas forcément associé à de bons souvenir, comme mon passé. Pour finir j’ai effacé de ma vue (et de celles des autres) toutes ces photos que j’ai pu prendre et qui ne représentent absolument pas ce que je souhaite faire maintenant, j’ai l’impression qu’une étrangère les a prise à ma place. La aussi je veux repartir de zéro.
Mais cette « sensation si jouissive » n’est pas revenu, juste un gros sentiment de m’être déchargé en partie de ce qui me pesait.
Aujourd’hui de ce besoin de vide que reste t-il ? Pour être franche il reste encore beaucoup, j’ai toujours ce poids qui me tiens et me retiens.
J’ai besoin de basarder mes fringues, virer tout ce qui ne va plus avec moi, changer de look. Comme je le disait dans un précédent article, je ne suis plus la fille qui s’habillait avec un look « goth/street » depuis ses 16 ans, je ne suis pas non plus prête à faire l’impasse sur mes fringues noir parce que j’aime cette couleur et qu’il n’y a qu’en ayant du noir que je me sens bien. Mais je ne suis pas et ne serai pas féminine. J’ai toujours eue un look garçon manqué, même si ça s’est amélioré avec l’âge, mais il n’y a que dans des vêtements pas trop féminin que je ne me sens pas déguisé.
Aujourd’hui j’ai envie de quelque chose de plus Nature dans les teintes, de plus libre, moins enfermé…
Et puis il y a ma vie, peut-être le plus gros point noir dans l’histoire puisqu’elle dépends de tout. Sans ce vide précédent je ne pouvais pas recommencer ma vie à zéro et en même temps j’ai besoin qu’une partie de ma vie ai recommencé pour me décharger du reste.
Concrètement le reste c’est le point précédent – à savoir mes vêtements – c’est aussi tout ce qu’il y a dans cet appart en meuble et l’appart en question. Celà fait même pas un an qu’on y est, à vrai dire c’est mon premier déménagement en 25 ans de vie, mais c’est aussi le premier d’une longue liste car j’ai l’impression que je ne me sentirai jamais totalement chez moi quelque soit le lieu. En attendant c’est devenu une priorité pour moi de quitter cet endroit, de quitter ce passé qui me poursuit même au travers des meubles.
Et si j’avais le choix, de quitter définitivement l’appart de mes parents ne plus y remettre les pieds.
Retourner la-bas, c’est comme retourner dans le passé, c’est retourner « la » – comprendre Montmorency – où j’ai vécu la période la plus traumatisante de ma vie. Je n’aime pas ce mot mais après réflexion c’est encore celui qui correspond le mieux. J’aimerai ne plus avoir à y revenir…ne plus me sentir mal chaque fois que j’y remet les pieds.
Pour finir le reste est dans ma tête. Le reste il n’y a que moi qui peut y faire quelque chose. Mais ma tête c’est l’engrenage le plus dur à remettre en marche.
Un jour j’aimerai me sentir bien, mais réellement bien…

