[Deborah Harkness] Le Livre perdu des sortilèges

16
jan
2012

Résumé

Diana Bishop est la dernière d’une longue lignée de sorcières, mais elle a renoncé dpuis longtemps à son héritage familial pour privilégier ses recherches universitaires, une vie simple et ordinaire. Jusqu’au jour où elle emprunte un manuscrit alchimique : l’Ashmole 782. Elle ignore alors qu’elle vient de réveiller un ancien et terrible secret, et que tous – démons, sorcières et vampires – le convoitent ardemment. Parmi eux, Matthew Clairmont, un vampire aussi redoutable qu’énigmatique. Un tueur, lui a-t-on dit. Diana se retrouve très vite au coeur de la toumente, entre un manuscrit maudit et un amour impossible.

 

Extrait


J’éprouvais le même besoin irrésistible de toucher ces lettres que devant l’Ashmole 782. La première fois, j’avais été trop effrayée par la présence des employés de la bibliothèque et ma propre magie pour prendre ce risque. A présent, c’était la peur d’apprendre quelque chose d’inattendu sur Matthew qui me retenait. Mais il n’y avait personne dans la pièce et mes craintes n’étaient rien à côté de mon désir de comprendre le passé du vampire. J’effleurai du bout des doigts le prénom. Son image m’apparut, claire et distincte, sans que j’aie besoin de prononcer le moindre mot ou de regarder une surface réfléchissante.
Il était assis à une table près d’une fenêtre, comme ces derniers jours, se mordant la lèvre, absorbé dans des exercices d’écritures. Ses longs doigts tenaient un calame et il était entouré de rouleaux de vélin qui portaient tous ses essais maculés de taches pour écrire son prénom ou copier des passages des Ecritures. Je suivis le conseil de Marthe et n’opposai aucune résistance à me visions ; l’expérience fut moins déroutante que la veille.

Extrait tiré de la page 292

 

Chronique

It begins with absence and desire.
It begins with blood and fear.
It begins with discovery of witches.

Il y a parfois des livres qu’on achète pour leurs couvertures et/ou pour leurs titres sans même lire le résumé, c’est un peu ce qui m’est arrivé avec « Le livre perdu des Sortilèges ». Lorsque je l’ai vu à Gibert en neuf pour une misère, je n’ai pas hésité une seconde. Je n’avais jamais lu le résumé mais la couverture et le titre m’ont toujours attiré.

Je me suis plongé dedans très rapidement, découvrant l’histoire et le fait qu’il ne mettait pas en scène que Diana, une historienne spécialisé dans l’alchimie et sorcière (je vous l’ai dit je n’ai jamais lu le résumé). Y découvrir des vampires et des démons a donc été pour moi une très bonne surprise, surtout que celui-ci n’est pas du tout construit comme toutes ces histoires de bit-lit qu’on peut trouver actuellement. Il y a certes une histoire qui va bien au-delà de la simple amitié entre Diana et Matthew mais celle-ci semble tellement normale dans le déroulement des choses qu’on a à aucun moment l’impression que l’auteure a créée cette romance pour que le livre plaise aux amateurs de bit-lit.

Nous pénétrons donc dans l’univers de Diana Bishop, une jeune femme sorcière de par sa descendance mais qui tente de passer à tout prix pour une humaine, suite à un évènement traumatisant de son passé. Jusqu’au jour où un mystérieux manuscrit, « L’Ashmole 782 » atterris dans ses mains. Si l’on s’en arrête à ça l’histoire pourrait paraitre banale, mais il n’en est rien. Outre ce fameux manuscrit qui suscite tous les intérêts au sein des créatures surnaturelles, Deborah Harkness nous emmènent à la découverte d’une histoire qui se situe quelque part entre l’époque de Clovis et aujourd’hui, celle de Matthew Clairmont, celle des mystères que cache cet « Ashmole 782» aussi. Et Diana dans tout ça me direz-vous ? Diana est le fil conducteur de l’histoire, elle est celle sans qui rien de tout ça ne serai possible, sans qui rien ne serai arrivé. Elle est une des dernières descendantes de deux familles de puissant sorcier, elle est la sorcière ultime sans le savoir. Mais Diana refuse la magie alors c’est elle qui s’imposera à elle sans moyen de faire demi-tour.

L’auteure a aussi eue la bonne idée de faire un roman très bien documenté sur l’alchimie, l’histoire et l’ésotérisme. J’avoue que plonger dans une histoire qui recelait des parts de réel m’a énormément plu. Je ne connais rien de l’alchimie, je n’en connais toujours pas grand-chose mais certains livres dont il est question au fil des pages ont attisé ma curiosité.

Pour finir je dirai qu’après avoir lu plusieurs chroniques j’ai pu remarquer que beaucoup critiquaient le rythme lent de ce livre. Si vous aimez les livres où il y a de l’action du début à la fin c’est sûr que celui-ci n’est pas fait pour vous. Par contre si vous appréciez de vous laisser porter doucement dans un autre univers alors n’hésitez pas une seconde.

« Le livre perdu des sortilèges » c’est en conclusion un savant mélange de ce que j’apprécie : une histoire de sorcière crédible, pas de celles qui volent sur un balai, mais de celles qui se font discrètes dans un moment où la magie est encore mal considérée. Un vampire, pas de ceux qui boit le sang des jeunes vierges, ni qui traumatise les enfants et une ouverture à un autre monde (ici l’Alchimie).

La fin est frustrante au possible et on a qu’une envie acheter le second tome. Sauf que forcément celui-ci n’est pas encore sorti.

Pour info, « Le Livre perdu des Sortilèges » est le premier tome de la trilogie « All Souls » (pas de traduction française), le second tome « Shadow of Night » est prévu aux USA pour l’été 2012.

 
 

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La Comtesse de Sang & La Comtesse Sanglante

16
sept
2010

Résumé


La Comtesse de Sang
Dans le sombre décor d’un château isolé à Csejthe, d’innombrables victimes sont suppliciées avec la dernière férocité. Des jeunes paysannes à la peau fraîche, flattées de rentrer aux services de la Comtesse Bathory ou alléchées par la promesse de somptueux festins, sont entraînées dans d’immenses souterrains qui seront leur tombeau. Elles succombent pour le seul et monstrueux plaisir de cet être d’une étrange beauté, au teint de lis, dévoré par des besoins sexuels innommables et à la recherche de la jeunesse éternelle.
On ne connaît guère à travers les âges d’exemples plus horrifiants et plus extraordinaires.

Voici, telle qu’elle se déroula véritablement, l’histoire d’Erzébeth Bathory, la Comtesse goule de sinistre mémoire, l’effroyable femelle sanguinaire dont la vie et les exactions atroces dépassèrent en cruauté les plus noirs forfaits jamais perpétrés, et qui frappa d’épouvante la lointaine Hongrie du XVIème siècle.

La Comtesse Sanglante
La France à eu Gilles de Rais, la Hongrie Erzsébet Bàthory. Avec un grand talent d’écrivain, Valentine Penrose fait revivre cette histoire de sang, de mort et de délire.
Son livre ne nous fait pas seulement pénétrer dans les sinistres chambres de torture où périrent peut-être plus de six cents jeunes filles. Il ne nous montre pas seulement des malheureuses, nues et torturées. Et nous n’assistons pas seulement à ces hallucinantes scènes de démence au cours dus quelles Erzsébet Bathory, aidée par de grinçantes sorcières tortionnaires, hurle de volupté, tandis que sur ces épaules coule le sang encore chaud de ses jeunes et belles victimes.
Valentine Penrose s’est penchée sur ce gouffre qu’est l’âme de son effroyable héroïne, sur cette âme obscure, tragique, possédée.

 

Présentation du personnage d’Elisabeth


Qui n’a jamais entendu parler de la Comtesse Elisabeth Bathory, cette femme décrite comme étrangement belle, froide et cruelle. Cette femme que l’on ne connaît que par sa cruauté envers plus de 600 jeunes vierges dans le seul but de satisfaire un insatiable et pervers appétit sexuel et de se préserver de la décrépitude de la vieillesse.

Erzsébeth naquit en 1560 dans une Hongrie encore féodale dont les superstitions sont monnaie courante. Née d’une illustre famille dont les mariages consanguins ont engendré des enfants à la dégénérescence grandissante et aux maladies héréditaires (épilepsie, goutte…), Elizabeth fut l’aboutissement de tout cela.

Ayant grandi dans l’ennui auprès de sa belle-mère qui voulait en faire une femme modèle pour son fils, elle appris à lire, écrire et à parler d’autres langues. En grandissant elle se passionna pour le monde occulte, les plaisirs tabous de la chair comme le sadisme et le lesbianisme.

Elle aimait voir ses servantes travailler nues, les blesser sous prétextes de travail mal accompli juste dans le but de satisfaire un soudain désir sadique. Les aiguilles semblait être son outil de prédilection, elle piquait où bon lui semblait ses servantes, et regardait le sang s’écouler par les minuscules blessures qu’elle avait faites ; cela lui procurait une joie intense qui calmait ses migraines.

Elle créa sa « Vierge de Fer », engin de torture dont elle se lassa très vite car elle ne pouvait participer elle-même au rituel de mise à mort des jeunes filles. Elle aimait blesser, voir couler le sang, inventer de nouvelles techniques toujours plus sadiques les unes que les autres.

Elle mourut le 21 août 1614, trois ans après été condamné à être murée dans la chambre de son château de Csejthe.

 

Extrait


La Comtesse de Sang (p.72)
- Sotte, tu me fais mal ! s’écrie t’elle soudain.
Sans réfléchir, elle prend sur la table une de ces épingles qui servent à fixer les coiffures et pique la servante à la main. Cette dernière pousse un cri et, portant la main à sa bouche suce le sang qui perle sur sa peau. Erzsébet se dresse nue, et, hantée par une étrange volupté, s’acharne à lacérer la fille de coup d’épingle de plus en plus profonds. Incapable de se défendre, la victime affolée court en tous sens dans la pièce.
- Tu dois être punie et tu vas l’être !
Comme si sa propre phrase prenait valeur de révélation, elle demeure bouche entrouverte, la joie déferle en elle avec violence. Il n’y a pas de commune mesure entre ce qu’elle ressent et l’expression terrifiée de cette pauvre sotte. Il se passe enfin quelque chose dans son existence ; quelque chose qui fait éclater le cours monotone de ses jours. Témoin d’une métamorphose imprévue, sa vie mise à nue prends un sens nouveau : le quotidien si médiocre s’enrichit soudain de quelque chose de fabuleux…Revenant à elle, la voilà stupéfaite devant son miroir…Dans sa main, la longue épingle tachée de sang. Elle la jette sur sa table de toilette.
- Laisse-moi, je m’habillerai seule !

La Comtesse Sanglante (p.62-63)
Pourtant Erzsébet était sûre de son droit : un droit fondé sur la dangereuse et fatale magie des sèves végétales et du sang humain, un droit né de la rose des vents et contre lequel on ne peut rien. Les sorcières de la forêt la faisaient vivre au cœur d’un monde sans rapport avec le monde réel. Plus tard, sentant monter en elle le désir de les immoler, elle pensait des jeunes filles : « Leur sang ne va pas les porter plus loin ; c’est moi maintenant qui vais en vivre, une autre moi ; je suivais leur route, leur route de jeunesse qui les conduisait à la merveilleuse liberté de plaire. Par leur chemin que je triche, je parviendrais à l’amour. Gardez-moi belle, huile de la souplesse des fleurs. Puisque vous existez réellement comme j’existe, gouttes secrètes gardées au creux des mains des fées, dans la coque des glands, à la jonction de deux feuilles là où l’insecte se baigne, puisque vous existez, ô secrets, brassez-vous, venez m’aider ! Je ne sais pas d’où je viens, je ne sais vraiment pas d’où je viens, je suis incapable d’imaginer d’où je viens. Vous qui ne connaissez pas votre étrange puissance, vous qui êtes nées tels que vous êtes, gardez-moi telle que je suis. Car je ne sais pas d’où je viens, je ne sais pas où je vais : je suis là. »

 

Chronique


Deux livres racontant la même histoire et pourtant deux livres très différents. La Comtesse de Sang, très romancé ne donne pas une impression de biographie contrairement à La Comtesse Sanglante.

Maurice Perisset nous donne dans son livre une version très romancée de la biographie d’Erzsebet, il axe son histoire sur le côté sadique de la Comtesse, ne développant que très peu son côté mystique.

Valentine Penrose quant à elle nous fait biographie, certes un peu romancé (il le faut bien) mais qui nous retrace l’histoire de cette étrange famille. Elle nous montre l’évolution à la fois lente et rapide d’Elisabeth dans sa folie

La description des tortures infligées aux jeunes filles est beaucoup moins développée que dans le livre de Perisset. Penrose nous montre ici une comtesse qui n’a pas vraiment de raison précise pour tuer et blesser. L’ennui, les migraines, la peur de la vieillesse, le besoin sexuel semble n’être ici qu’une raison parmi tant d’autre de satisfaire son sadisme. Certes son besoin de se préserver de la vieillesse est très présent dans l’origine de ses crimes, mais elle en tire un plaisir qui semble bien au-dessus de tout, un plaisir qu’elle seule pourrait expliquer.

Penrose se permet en outre de comparer la comtesse au très connu Gilles de Ray, elle nous compte même sur quelques pages un rapide résumé de son histoire et de ses crimes.

Si je devais dire lequel j’ai préféré, je dirai que l’un et l’autre se complètent même si celui de Valentine Penrose est beaucoup plus intéressant pour le côté historique ainsi que dans la compréhension de cette étrange femme..

Celui de Perisset nous permet d’imaginer les tortures dont était capable Elisabeth, il ne lésine pas sur les détails afin que l’on comprenne bien la personnalité sadique de la Comtesse alors que celui de Penrose nous fait nous mettre dans la peau d’une Comtesse qui semble venu d’un autre monde, une comtesse dont les planètes semblent avoir décidé de son sort au moment même de sa naissance. Elle nous fait pénétrer dans un dans monde fait de légendes et de superstitions, un monde en retard sur l’humanité qui correspond tout à fait au personnage qu’est Elisabeth. Et pourtant pas tant que cela, Elisabeth est une sorcière, une sadique et qui plus est lesbienne, quoiqu’elle ne refuse pas de temps à autre le plaisir que peut lui procurer la chair masculine. Ses crimes, quoique sut par tout le monde restent tabou, on n’en parle pas et pourtant tout le monde le sait. C’est cela que veut nous montrer Penrose, elle veut que l’on s’imagine cette vie en ce temps, elle veut que l’on comprenne cette Comtesse qui vivait dans une folie que tout le monde niait.

 
 

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